Laure MOUDENC
Directrice générale
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Avec la suspension de la réforme des retraites, l’âge légal de départ et le nombre de trimestres requis connaissent, pour certains assurés, un ajustement temporaire, offrant une opportunité de réévaluer leur fin de carrière. Retraite progressive, retraite anticipée pour carrière longue ou pour raisons de santé… autant de leviers qui permettent de planifier un départ avancé ou aménagé.
Alors que la réforme de 2023 avait relevé progressivement l’âge légal de départ vers 64 ans, la décision gouvernementale du 16 décembre 2025 est venue bouleverser les repères établis. La réforme est suspendue pour une période temporaire, modifiant de manière très concrète le calendrier des départs pour les générations nées entre 1964 et 1968. Cette suspension, qui s’appliquera aux retraites prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, introduit un gel partiel des relèvements d’âge et une réduction du nombre de trimestres requis pour le taux plein.
Elle ne constitue pas une abrogation de la réforme, mais un gel ponctuel, susceptible de reprendre son cours en 2028, selon les arbitrages politiques futurs.
Cette décision change la donne pour les assurés proches de la retraite. Pour un grand nombre de personnes nées entre 1964 et 1968, l’âge légal sera temporairement maintenu à 62 ans et 9 mois, au lieu des paliers plus élevés initialement prévus.
Si ces modifications ont une portée immédiate, elles ne doivent pas occulter une réalité majeure : la France continue de s’appuyer sur une vaste gamme de dispositifs de départ anticipé, destinés à répondre à la diversité des parcours professionnels et des situations personnelles. Les assurés doivent désormais naviguer entre les règles générales, les effets de la suspension et les modalités de départs à la retraite spécifiques pour identifier la date de départ la plus pertinente.
Parmi les dispositifs majeurs, la retraite anticipée pour carrière longue reste l’un des plus utilisés. Elle permet aux personnes ayant commencé à travailler tôt – parfois dès 16, 18, 20 ou 21 ans – de partir avant l’âge légal, sous réserve de justifier d’une durée d’assurance cotisée suffisante. Avec la suspension de la réforme, les générations de 1964 à 1968 voient leur calendrier de carrière longue légèrement assoupli, gagnant parfois trois à six mois sur leur date initiale de départ !
La retraite progressive occupe une place grandissante dans les stratégies de fin de carrière. Elle permet aux travailleurs, dès 60 ans, de réduire leur activité tout en percevant une fraction de leur pension. L’assuré doit exercer à temps partiel, compris entre 40 % et 80 % de son activité antérieure. La réforme de 2025 a également élargi ce droit aux travailleurs indépendants, qui bénéficient désormais d’un cadre plus flexible pour aménager leurs dernières années d’activité.
Les travailleurs en situation de handicap (ou atteints de maladies chroniques, comme le diabète, la sclérose en plaques, l’épilepsie, l’autisme…) bénéficient quant à eux d’un dispositif profondément modernisé depuis les ajustements réglementaires de 2025. La reconnaissance d’une incapacité permanente d’au moins 50 % suffit désormais à ouvrir le droit, même en l’absence de certains justificatifs autrefois exigés. La suppression de l’obligation d’obtenir une attestation préalable accélère les démarches, et l’accès à l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) est désormais possible dès 62 ans. Cette évolution vient mettre fin à des années de complexité administrative qui empêchaient nombre de personnes handicapées d’exercer pleinement leurs droits.
Pour les salariés victimes d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail ayant entraîné une incapacité permanente, les règles continuent d’offrir des solutions adaptées. Un départ à 60 ans est possible lorsque le taux d’incapacité atteint au moins 20 %. Entre 10 et 19 %, l’assuré doit avoir été exposé pendant au moins dix-sept ans à des facteurs de risques pour prétendre à un départ jusqu’à deux ans avant l’âge légal. Les dossiers doivent être examinés par le médecin‑conseil, garant de la cohérence entre les preuves médicales et les règles d’accès au droit.
Le compte professionnel de prévention (C2P) constitue un autre levier important pour anticiper la retraite. Les salariés exposés à des risques tels que le travail de nuit, le bruit ou les températures extrêmes peuvent cumuler des points convertibles en trimestres. Chaque trimestre correspond à dix points, avec un plafond de huit trimestres, permettant de partir jusqu’à deux ans plus tôt. Les vingt premiers points restent toutefois dédiés à la formation et à la reconversion, afin de renforcer la prévention plutôt que la réparation.
Certaines situations permettent, en outre, d’accéder automatiquement au taux plein sans condition de trimestres. C’est le cas des personnes reconnues inaptes au travail, des titulaires d’une pension d’invalidité ou des bénéficiaires de l’AAH (allocation aux adultes handicapés). Depuis le 1ᵉʳ septembre 2023, la retraite pour inaptitude est ouverte dès 62 ans, même si l’âge légal est relevé pour les autres assurés. Cette disposition protège les travailleurs dont l’état de santé rend une poursuite d’activité impossible.
La préparation d’une retraite ne se limite pas à déterminer une date ; elle implique une compréhension fine des règles, l’identification des options optimales et la constitution de dossiers parfois complexes. Les erreurs de carrière, les périodes non validées ou les trimestres mal attribués peuvent modifier sensiblement le montant et la date de départ.
C’est précisément sur ce terrain qu’Ombello déploie son expertise. Ses consultants accompagnent les dirigeants dans la gestion des fins de carrière au sein de leurs équipes, tout en guidant individuellement les salariés et les travailleurs indépendants dans l’analyse de leur relevé de carrière, la reconstitution des périodes manquantes, la simulation des différents scénarios de départ et le suivi complet des démarches auprès des caisses. Cette approche sur mesure permet d’anticiper sereinement les transitions, de sécuriser les droits et de valoriser les choix financiers et personnels de chacun.
Un mauvais arbitrage peut coûter des mois, voire des années de droits. Alors, n’hésitez pas à vous rapprocher de nos équipes spécialisées pour analyser votre situation ou celle de vos salariés et consolider chaque étape du parcours retraite, optimiser la date et les conditions de départ, et aborder cette transition avec sérénité.